Quelques pages de bande dessinée de temps en temps.

Une critique essayant d'être intéressante à cette occasion.

Un aspect particulier de la bande dessinée à chaque critique.


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jeudi 30 mai 2013

La bande dessinée est humaine.

Bouzard (alors, là, je n'ai pas trouvé de lien sur internet ; à la rigueur, il y a ça ; qu'est-ce que c'est que ces auteurs qui ne sont pas 2.0) prend les choses en main et nous règle définitivement cette histoire de relation lecteur-auteur, parce que ça va bien maintenant.

Bouzard et Philippe Ory, Football Football – tome 1, Dargaud.

Là, on ne peut plus s’échapper. Ça va bien les « l’auteur est présent de manière diffuse un peu partout dans sa propre bande dessinée ». Non. Dans celle-ci, l’auteur s’adresse à nous. Il se dessine. Il s’incarne. Il est le plus proche possible de ce qu’on pourrait imaginer d’une figure littéraire dont on entendrait la « voix ». (Mais en fait non, hein, je vous grille la fin.)

Ne nous voilons pas la face, l’auteur nous parle, l’auteur existe.

TOUT D'ABORD, UN PETIT RÉCAPITULATIF DES ÉPISODES ANTÉRIEURS.
On a vu dans un précédent message (enfin, j'ai essayé de l'expliquer mais bon, je suis pas certain d'avoir été super super clair) que Binet, en fait, était partout et nulle part à la fois. Il était dans le dessin, il était dans le rythme, il était dans TOUS les personnages, bref, il était dans tous les détails de sa bande dessinée.

Très peu de traits pour tout exprimer. Tous les traits comptent. L'auteur est partout.

Si on y réfléchit, cette remarque s'applique également à Guibert et son ami Cope. Ce n'est pas Cope que nous voyons, c'est l'image que Guibert a des souvenirs de Cope. Encore une fois, ce sont les pensées que Guibert a eues (au moment d'écouter les souvenirs de son ami) et dans lesquels nous pénétrons. Toujours cette histoire d’accueillir dans notre caboche les rêves de quelqu'un d'autre.


 Vieille dame ou jeune garçon, les deux personnages se souviennent en beige, de 3/4 droit, en faisant la moue.

Nous accueillons SES rêves, SES pensées, SES souvenirs. Donc, forcément, là aussi, l'auteur est partout, dans le moindre détail de ce monde qu'il se construit dans sa petite tête. 

MAIS !

On n’accueille pas une espèce de gros goujat qui sent des pieds et qui commence par vous apostropher « Et alors là, ptite tête, le mec, tu sais ce que je lui dit, hé bien je lui dit d'aller se faire shampouiner ! Voilà c'que j'lui dit ! Parce que c'est pas ça le vrai monde ! Le vrai monde, laisse moi t'expliquer ce que c'est... ». Là encore, le dessin met forcément une distance. Du coup, la bande dessinée ne peut pas être confondue avec le monde réel, ne peut pas être prise comme « modèle » (ce que certains critiques de cinéma font des fois en délirant sur le thème du « ce film nous montre les choses terribles qui se passent en banlieue / en Afrique / en politique / chez ma belle-mère ») (alors que non, c'est juste une représentation, une fiction, c'est pas pour de vrai ; ça peut à la rigueur servir un propos, mais ce n'est en rien un argument ou une preuve). Le dessin, lui, nous hurle dans les oreilles : « Hé, banane, c'est pas réel, c'est juste une représentation ! Tu crois pas que si Astérix avait vraiment un nez de cette dimension, il ferait que tomber en avant sous son poids ? Hein ? ».

Hé bin avec Bouzard c'est pareil.


Non mais franchement ? Vous croyez que c'est possible une fracture comme celle-ci ? Mais ne soyez donc pas si naïf ! Et qu'est-ce que c'est encore que ces nez ? C'est une névrose, ou bien ? Y en a qui essayent de compenser quelque chose, ici...

Cette propriété du dessin-réel-mais-pas-trop-quand-même s'applique aussi à la figure de « l'auteur » (à dire avec une voix grave et sérieuse).

ALORS, OUI, CERTES, ON VOIT BOUZARD DANS SA BANDE DESSINÉE...

MAIS !

On voit une simple représentation de Bouzard avec un gros nez et une sorte de houpette-à-la-Tintin-mais-derrière. Là encore, le dessin nous dit : « Gros nul, tu vois pas que c'est du pipeau, tu crois vraiment que Bouzard a cette bouille pas possible ? Mais bien sûr que non ! » (le dessin est décidément très familier avec nous, ça commence à bien faire).

La ressemblance de Bouzard avec Tintin est criante.

D'ailleurs, on peut noter que, quand Bouzard veut donner l'impression que quelqu'un de réel parle, il n'utilise pas de dessin, juste du texte, comme dans un roman (là où la voix de l'auteur est prépondérante) mais que dès qu'il veut mettre une distance, le dessin réapparaît.

Feinte de vraie voix.

En se faisant apparaître dans sa propre bande dessinée, Bouzard ne se met pas en scène lui-même. Il met en scène ses propres pensées. Il nous surligne trois fois le fait que ce sont ses goûts, ses idées personnelles qui se trouvent mises en scène dans la bande dessinée.

Bouzard se met en scène pour, en fait, mettre en scène ses pensées.

L’auteur n’est plus un « raconteur tout puissant » mais essaye de se faire comprendre au mieux de son lecteur en lui dessinant, en quelque sorte, des schémas. (« Alors, là, tu vois, Zuberbühler il s’avance, face à la cage, tranquillement, tout gonflé de l’arrogance de ses 21 ans. Attends, c’est pas clair, je vais te faire un dessin sur un coin de table, comme ça tu seras fixé. »)

Rodolphe Töpffer joue sur la forme et sur le fond, d’accord.
Mais il conserve un aspect schématique, crobardé.

Que ce soit dans la bande dessinée de Guibert ou dans celle de Bouzard, ou celle de n'importe qui, on partage des souvenirs, des pensées, des anecdotes. La bande dessinée est faite pour ça. Elle est, presque malgré elle, construite pour exceller dans ce domaine. Que ce soit les pensées de l’auteur, celles d’une tierce personne, ou même celles d’un personnage fictif. Ce qui prend corps, ce n’est pas le narrateur, c’est ce qu’il narre. Ce n’est pas qui se souvient, mais ce dont il se souvient.

Bouzard nous montre son quotidien (romancé, hein) et cela fait écho au nôtre.
Sfar se cache derrière Pascin, et nous avons envie de nous y cacher aussi.

Chez Guibert, on est en empathie avec les souvenirs du narrateur, souvenirs qui forment la matière et la structure du récit. 

Chez Bouzard, on est en empathie avec les anecdotes/réflexions du narrateur, réflexions qui forment aussi la matière et la structure du récit. 

La page de Bouzard qui nous occupe mêle : une vraie-fausse lettre de lecteur, une petite histoire, des souvenirs sur Eric Cantona et des souvenirs sur Georges Best. Tous ces éléments s'y mélangent, comme les pensées se mélangent dans la tête de quelqu'un. (Un peu comme chez Blueberry.) Du coup, encore une fois, le récit en lui-même apparaît comme une pensée vivante, mouvante, dans laquelle on peut se reconnaître.

En fait, dans une bande dessinée, on entre en empathie avec le récit lui-même. La bande dessinée, en elle-même, est un souvenir / un pensée / un rêve.

MAIS, BON, COMME D'HABITUDE, HEIN, A QUOI ÇA SERT TOUT CE PATAQUÈS ? J’EN FAIS QUOI, MOI, DE CES PENSÉES ?

Cela nous permet (en sus de s'identifier aux personnages) de s'approprier directement les pensées représentées dans le livre. Se dire, non plus seulement « ces personnages me ressemblent » mais aussi  « ces pensées ressemblent aux miennes ».

Au final, on se dit alors « cette bande dessinée me ressemble ».

Tout cela rejoint alors l'objectif d'Astérix, qui était de faire de l'art à partir des comportements humains que nous reconnaîtrions dans une bande dessinée. Sauf que nous nous reconnaissons cette fois-ci dans la variété, le mouvement, la versatilité, l'humanité des pensées représentées dans le récit.

Voilà pourquoi on aime la bande dessinée… La bande dessinée est humaine... Comme nous.

C'est la bande dessinée en elle-même qui nous semble humaine, vivante, changeante et qui crée l'impression artistique.

vendredi 17 mai 2013

La bande dessinée, c’est du Flaubert.

Binet nous explique comment être un auteur invisible, caché dans les moindres recoins de son œuvre.

Binet, Haut de gamme – volume 1 – Bas de gamme, Dargaud.

Nous n’en avons toujours pas fini avec cette histoire d’auteur, et de sa place par rapport au lecteur… Pour nous aider, faisons appel aux grands anciens et voyons donc un peu ce que Gustave Flaubert dit dans sa correspondance à propos de tout ça :

« C'est un de mes principes, qu'il ne faut pas s'écrire. L'artiste doit être dans son œuvre comme Dieu dans la création, invisible et tout-puissant […]. »

Binet applique donc cet espèce d’aphorisme et se cache sous la forme d’une abstraction : la musique.

Portrait de l’auteur, là, en haut.

Tout le livre tourne autour de la musique, du rapport des différents personnages à la musique, de la définition même de la musique. La passion de Binet pour la musique diffuse dans toutes les pages du livre. Il y est à la fois invisible (on ne voit pas Binet se balader dans ses pages) et tout-puissant (sa passion décide des sujets, des personnages, du rythme, etc.).

« L'auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout, et visible nulle part. L'art étant une seconde nature, le créateur de cette nature-là doit agir par des procédés analogues : que l'on sente dans tous les atomes, à tous les aspects, une impassibilité cachée et infinie. »

Binet est parmi nous, alléluia.

Binet se trouve donc dans TOUS les sujets de la case (et de l’histoire) (et du livre). La musique ? Une des passions de l’auteur, assurément. Le dialogue ? Deux manières d’appréhender cette musique, qui existent bien-sûr « pour de vrai », que l’auteur a sûrement rencontrées, et qu’il met en scène. Les deux personnages ? On ne va pas dire qu’ils sont « inspirés de faits réels », mais bon, disons qu’ils synthétisent des caractères assez faciles à observer dans toutes les écoles de musique. Et puis le piano. Ou comme dit tonton Gustave :

« Il ne s’agit pas seulement de voir, il faut arranger et fondre ce que l’on a vu. La Réalité, selon moi, ne doit être qu’un tremplin. »

Est-ce que Binet prend parti ? Est-ce qu’il apparaît plus dans un personnage que dans un autre ? Pas spécialement. Les personnages exposent simplement deux opinions opposées sur cette musique (celle de Chopin).

Plus prosaïquement (parce qu’effectivement cet argument était un peu vaseux), Binet passe l’ensemble du bouquin à agonir Chopin tout en mettant en exergue d’y-celui un très joli « Pardon, Chopin… » qui rétablit un peu la vérité. 1 partout la balle au centre. Binet est bien cet auteur flaubertien qui ne donne pas réellement son opinion et aborde « une impassibilité cachée et infinie ».

Mince, Binet est Dieu.

Et puis bien sûr, Binet est partout dans son dessin, hein, pas la peine de le préciser mais bon je le fais quand même.

On touche là, vraiment VRAIMENT, à la plus grande force de la bande dessinée (selon moi). Flaubert veut se dissoudre dans son œuvre. Bon. Mais il galère comme un chacal. Bon. Parce qu’il est difficile pour un romancier de « disparaître », qu’on entend toujours « sa voix », qu’on a toujours l’impression qu’il nous parle, à nous, et de par ce fait, qu’il flotte au-dessus de nous. Bon.

Binet, lui, l’air de rien, a réussi à disparaître, à se dissoudre dans son œuvre, sans même forcer.

Cela ne veut pas dire qu’il renonce au style. Non. On sent indubitablement sa présence : le dessin est là pour qu’on ne confonde pas une bande dessinée de Reiser avec une bande dessinée de Hergé. On sait indubitablement qu’il y a un ou des auteurs, qui irriguent la moindre case, le moindre trait (« dans tous les atomes, à tous les aspects »), mais on ne l’identifie pas en tant que personne s’adressant directement à nous (« il ne faut pas s'écrire »). Il s’est en fait caché dans tous les aspects de l’univers que nous observons.

« Rappelons-nous toujours que l’impersonnalité est le signe de la force ; absorbons l’objectif et qu’il circule en nous, qu’il se reproduise au dehors sans qu’on puisse rien comprendre à cette chimie merveilleuse. Notre cœur ne doit être bon qu’à sentir celui des autres. Soyons des miroirs grossissants de la vérité externe. »

Grosso modo, en ne pensant pas à se mettre dans sa propre œuvre, l’auteur va y mettre tout ce qui lui passe sous la main, et donc il va fatalement y mettre du réel et du vrai.

Ces personnages font de l’art sans le savoir.

De fait, c’est bien ce que fait Binet. Il ne parle pas spécialement de lui. On ne connaît finalement pas son opinion sur Chopin. Mais sa passion de la musique, de la bande dessinée, des gens, arrivent à nous rendre « vrais » ces personnages. On croit à leurs oppositions. On croit en leurs dialogues. On se dit « bon bin d’accord, ils n’existent pas, mais ce genre de conversation pourrait très bien avoir lieu ». Binet, crée une impression de vérité. Il fait de l’art. Et justement :

« J’éclate de colères et d’indignations rentrées. Mais dans l’idéal que j’ai de l’Art, je crois qu’on ne doit rien montrer, des siennes, et que l’Artiste ne doit pas plus apparaître dans son œuvre que Dieu dans la nature. L’homme n’est rien, l’œuvre tout ! »

Ce qui, chez Binet, donne cette case :

L’auteur est pudique, il se cache.

Elle n’a l’air de rien, cette case, hein ? Et c’est bien pour ça qu’elle correspond parfaitement à ce que dit Flaubert.

En vrai, Binet a besoin de relancer son dialogue. Il n’est pas arrivé à la fin de sa page. Il ne peut pas dessiner sa chute. Alors il refait se disputer les deux personnages sur deux autres cases, avant de balancer la fin de l’histoire. En technique, on pourrait dire que c’est une « relance des enjeux narratifs par un renforcement des antagonismes ». Aha. Ça calme.

Deux cases qui jouent la montre avant le dernier strip et le gag final.

Mais nous ne percevons pas ces deux cases comme « une intervention de l’auteur pour ménager ses effets » (pour préparer la montée vers le gag final, pour soigner le rythme du récit), on n’entend pas du tout Binet nous dire « allez, c’est reparti, encore deux cases ». Cette accalmie / reprise est motivée factuellement par les personnages (qui sont chafouins) et par la musique même (qui se la joue grands sentiments et fait elle-même une pause). Et il ne nous vient pas du tout à l’idée que ces deux cases pourraient avoir une autre fonction. L’auteur s’est, en apparence, complètement effacé. La grande classe.

Machiavel encore plus machiavélique parce qu’il se cache.

Dans cette nouvelle case, par exemple, la pianiste a arrêté de jouer. Donc il n’y a plus de musique dans le haut de la case. C’est LOGIQUE. Rien ne choque le lecteur. Du coup, il y a un grand espace blanc. Cet espace blanc est motivé dans le récit par l’absence de musique. MAIS EN FAIT il est surtout motivé par Binet parce qu’une grande case vide donne l’impression que beaucoup de temps s’écoule dedans, qu’ainsi il modifie le rythme de sa bande dessinée, que sa chute paraîtra d’autant plus brusque, et que la dernière réplique claquera.

Là encore, l’auteur manipule le rythme du récit en se cachant derrière les élément même de ce récit.



Le rythme est différent, l’effet est différent, la narration est moins souple.
L’auteur intervient dans le rythme de la lecture déguisé en partition de musique.

Ce qui nous fait retomber sur une citation de Flaubert :

« La forme ne peut se produire sans l'idée et l'idée sans la forme. Je crois la forme et le fond deux subtilités, deux entités qui n'existent jamais l'une sans l'autre. »

Forcément, hein. Puisque l’auteur avance masqué, qu’il se cache, il faut bien qu’il se cache quelque part. Ce qu’il est, ce qu’il pense, ce qu’il fait, comment il compose, bref, ce qu’on appelle le fond, ne va plus s’afficher au grand jour, avec des flèches et des gros panneaux en néon qui clignotent « Je pense ceci », « Je dis cela ».

Tous ces éléments vont donc se cacher dans ce qu’on appelle un peu abusivement la forme. Et quelle forme plus pure que le dessin ?

Fond déguisé en dessin de professeur de piano blasé.

Qu’est-ce qui est en apparence plus superficiel, formel et qui ne trahit en fait que des choix fondamentaux qu’un dessin ? On pourrait reprendre toutes les citations de Flaubert et les appliquer directement au dessin de Binet :

« L'artiste doit être dans son œuvre comme Dieu dans la création, invisible et tout-puissant […]. »

On a déjà vu que Binet, par définition était dans le moindre trait.

C’est un élément consubstantiel de sa bande dessinée. Comme il y a des vaisseaux spatiaux dans une bande dessinée de science fiction, et que cela nous parait naturel (alors que ça n’existe pas), il y a des personnages avec des très très gros nez (par exemple) dans une bande dessinée de Binet. Ce n’est pas plus choquant que ça. Ce sont simplement les règles d’un univers, des règles que nous comprenons et que nous intégrons.

Tout le monde est horrifié par cette image.

Personne n’est choqué par celle-ci.

Parce qu'il s'agit bien de ça : intégrer les codes de représentation (autrement dit le style, autrement dit pour tonton Gustave « comment qu’il parle », et plus largement pour des auteurs de bande dessinée « comment qu’ils s’expriment ») et évoluer dedans sans même plus nous en apercevoir.

Cet aspect qui met la forme (le trait, le dessin, ces fameuses règles de représentation) au premier plan permet de créer du fond sans presque que le lecteur ne s’en rende compte. Car, comme le dis Gus :

« La forme ne peut se produire sans l'idée et l'idée sans la forme. »

Le fond du fond.

Il faut bien représenter le personnage… Sauf que, bien sûr, pas le moindre trait n’est innocent. Le trait qui forme la bouche crée du fond. La position du corps crée du fond. Une cerne dit quelque chose. Deux cernes disent autres choses. Deux cernes et des rides sur le front créent encore un fond différent. La manière de représenter la veste (sans s'embêter à dessiner les surcoutures, allant à l'essentiel, au vrai, n’accaparant pas toute l’attention) crée du fond.

On pourrait retirer UN SEUL trait, et l’idée, le sentiment que transmet ce dessin changerait du tout au tout.

Bien évidemment que, en bande dessinée peut être plus qu’ailleurs, la forme ne peut se produire sans l'idée et l'idée sans la forme.

Et c’est la suprême élégance, l’aspect formel le plus abouti, la stylisation la plus fine de la bande dessinée, que d’arriver à sans cesse le faire oublier au lecteur.